Publié par : françois mougeot le : 1 juillet 2009
La fête nationale commémore un évènement historique, politique ou culturel lié à l’histoire de l’Etat. Dans la majorité des pays, il marque la naissance de la nation : indépendance comme aux Etats-unis, émancipation vis-à-vis du souverain comme en France, adoption d’une constitution… Dans quelques autres, il est lié à la personnalité du souverain auquel la nation s’identifie : anniversaire comme aux Pays-Bas ou au Luxembourg, date de la prestation de serment du premier souverain comme en Belgique, etc. Dans certains territoires comme le Qubec qui n’est qu’une province du Canada ,la St Jean Baptiste , fête du saint patron des Canadiens français, a été adoptée par le parlement comme fête nationale du Québec, en tant que célébration de la nation québécoise (date :24 Juin).
La plupart des pays ont adopté une telle tradition et soulignent cette fête par des célébrations diverses : défilés militaires, feux d’artifices, allocutions des dirigeants politiques (cas du 14 Juillet à Paris), etc.
C’est généralement un jour férié, chômé et payé. Il fait partie des symboles de la souveraineté nationale.




La fête nationale commémore d’abord le 14 juillet 1789, première journée révolutionnaire à portée symbolique.
Cet été là, une grande agitation règne à Paris. Face au mécontentement populaire, le roi a réuni les Etats généraux, une assemblée des représentants de la noblesse, du clergé et du tiers-état. Ces derniers demandent une réforme profonde des institutions et, le 9 juillet, se proclament Assemblée nationale constituante. L’initiative inquiète le roi qui fait venir en secret des régiments suisses et allemands à proximité de Versailles. La rumeur court bientôt que les troupes royales se préparent à entrer dans Paris pour arrêter les députés. Le 12 juillet, un orateur harangue la foule qu’il appelle à réagir : c’est Camille Desmoulins, monté sur un tonneau, qui annonce une « Saint Barthélemy des patriotes ». Au matin du 14 juillet, des Parisiens en colère vont chercher des armes aux Invalides, puis se dirigent vers la vieille forteresse royale de la Bastille, en quête de poudre. Après une journée de fusillade sanglante, et grâce au ralliement de gardes nationaux, les Parisiens s’en emparent et entament sa démolition. Au final, ils ne libèrent que quelques prisonniers et malfrats sans envergure. Mais cette vieille prison médiévale incarne l’arbitraire de l’Ancien régime. En l’abattant, les Parisiens font tomber un rempart de l’absolutisme. Et cette journée, qui marque le début de la Révolution, restera dans les mémoires comme un jour de liberté. Cependant la fête nationale fait aussi référence à une autre événement moins connu : la fête de la Fédération du 14 juillet 1790.
Depuis l’été 1789, partout dans les provinces françaises se sont créées des « fédérations » régionales de gardes nationaux. Une réaction à l’affaiblissement du pouvoir central. Afin de contrôler ce mouvement spontané, la Commune de Paris, sous l’impulsion de Lafayette, décide de fonder une grande Fédération nationale regroupant des représentants des fédérations locales et de les réunir à Paris le 14 juillet. La cérémonie est censée célébrer la prise de la Bastille, mais aussi apporter un semblant d’ordre et d’unité dans un pays en crise. Le jour dit, 14 000 soldats fédérés arrivent donc à Paris et défilent sous la bannière de leur département, de la Bastille jusqu’au Champ-de-Mars.
Sur une esplanade aménagée pour l’occasion, une grande messe est célébrée, à la suite de quoi le roi Louis XVI jure de maintenir « la Constitution décidée par l’Assemblée nationale ». Les 400 000 Parisiens présents ce jour-là acclament leur souverain : la monarchie n’est donc pas remise en cause. L’aspiration à l’union nationale triomphe et la cérémonie se transforme en grande fête populaire. Mais la réconciliation nationale sera de courte durée. Deux ans plus tard, le roi est arrêté et condamné à mort.
Pendant près d’un siècle, la commémoration du 14 juillet est abandonnée. Elle réapparaît en 1880, sous la IIIe République. Le régime, pour se consolider, cherche à construire un nouvel imaginaire national, autour de symboles républicains. C’est ainsi que la Marseillaise devient hymne officiel, et le 14 juillet fête nationale. Mais la proposition qui émane du député de la Seine Benjamin Raspail n’est pas accueillie unanimement par l’Assemblée. Certains députés mettent en cause la violence du 14 juillet 1789. Et c’est finalement autour du 14 juillet 1790 que se fait le consensus.
En 1880, pour la première fête nationale, la République fait les choses en grand. Le ministre de l’Intérieur prescrit aux préfets de veiller à ce que cette journée « soit célébrée avec autant d’éclat que le comportent les ressources locales ». Un défilé militaire est organisé sur l’hippodrome de Longchamp devant 300 000 spectateurs, en présence du Président Jules Grévy. Il s’agit de montrer le redressement de l’armée française après la défaite contre la Prusse en 1870. Ce défilé militaire, toujours en vigueur, s’inspire aussi du défilé des gardes fédérés de 1790.
Cette année là, on inaugure également le monument surmonté de la statue de la place de la République, et partout sont donnés concerts et
feux d’artifices. « La colonne de Juillet » qui surplombe la place de la Bastille, elle, ne se réfère pas au 14 juillet 1789. Elle porte le nom des victimes des journées révolutionnaire de juillet 1830, les « Trois glorieuses ».
- En 1886 : un femme, cantinière du 131e régiment d’infanterie, défile pour la première fois.
- En 1915 : le défilé militaire se déplace du Champs-de-Mars aux Champs-Elysées.
- En 1919 : c’est le défilé de la victoire qui réunit, sur les Champs-Elysées, les forces des pays alliés.
- En 1936 : après le défilé militaire, un million de personne défile à l’appel des organisations syndicales.
- De 1939 à 1945 : dans le Paris occupé, la journée n’est pas célébrée. Le 14 juillet 1940, à Londres, le général de Gaulle réitère ses appels à la résistance. En juillet 1945, on célèbre la Libération partout en France.

Elle fut écrite par Rouget de Lisle à Strasbourg dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 à la suite de la déclaration de guerre à l’Autriche. Elle portait alors le titre de Chant de guerre pour l’armée du Rhin.
Le maire de Strasbourg, le baron de Dietrich, avait demandé à Rouget de Lisle en garnison à Strasbourg d’écrire un chant de guerre.
Le 22 juin 1792, un délégué du Club des amis de la Constitution de Montpellier, le docteur François Mireur, venu coordonner les départs de volontaires du Midi vers le front, entonne pour la première fois à Marseille ce chant parvenu de Strasbourg à Montpellier par un moyen incertain (les historiens estiment que la circulation de voyageurs a pu contribuer à ce que les milieux patriotes de Montpellier aient eu connaissance de ce chant, donné à l’occasion de funérailles au printemps 1792).
Après un discours prononcé le 21 juin devant le Club des amis de la Constitution de Marseille, Mireur est l’invité d’honneur d’un banquet le lendemain et, prié de prononcer un nouveau discours. Il entonne le chant entendu à Montpellier quelques jours ou semaines plus tôt. Dans l’ardente atmosphère patriotique de l’heure, Mireur suscite l’enthousiasme et le chant, repris le lendemain par les journaux locaux, sera distribué aux volontaires marseillais qui l’entonneront tout au long de leur marche vers Paris en juillet 1792.
De Marseille à Paris, le chant de Rouget de Lisle devient l’hymne des Marseillais et bientôt La Marseillaise. De fait, on lui attribue souvent à tort d’avoir été écrite à Marseille mais elle a bien été écrite à Strasbourg, rue de la Mésange.
La Marseillaise est déclarée chant national le 14 juillet 1795.
Interdite sous l’Empire puis la Restauration, elle est remise à l’honneur après la révolution de 1830 et redevient hymne national sous la IIIe République, en1879. Le ministère de l’Éducation nationale conseille d’en pratiquer le chant dans les écoles à partir de 1944, pratique qui est dorénavant obligatoire à l’école primaire (proposition de loi du 19 février 2005, adoptée le 23 avril2005, modifiant l’article L321-3 du Code de l’éducation).
La Marseillaise n’était pas seulement l’hymne français. Comme chant révolutionnaire de la première heure, il a été repris et adopté par nombre de révolutionnaires sur tous les continents.
Pierre Dupont, chef de la musique de la Garde républicaine (1927-1944) compose l’arrangement officiel de l’hymne national. C’est cette version qui est encore actuellement en usage.
Mais, La Marseillaise a eu de nombreux interprètes.

LA MARSEILLAISE
1er couplet :
Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L’étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes !
Refrain :
Aux armes, citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons !
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons !
Couplet 2 :
Que veut cette horde d’esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C’est nous qu’on ose méditer
De rendre à l’antique esclavage !
Refrain
Couplet 3 :
Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !
Refrain
Couplet 4 :
Tremblez, tyrans et vous perfides
L’opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S’ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prets à se battre !
Refrain
Couplet 5 :
Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Epargnez ces tristes victimes,
A regret s’armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !
Refrain
Couplet 6 :
Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !
Refrain
Couplet 7 (dit couplet des enfants) :
Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n’y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre
Refrain
Merci à mes collègues Petit Casino pour leur contribution à cet article.