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Après deux années catastrophiques, la saison apicole s’annonce meilleure.

Publié par   : françois mougeot le  : 13 avril 2009

mielCette année, les pertes devraient être moins importantes. (Photo Eric THIEBAUT)

Après deux années catastrophiques, la saison apicole s’annonce meilleure. Pour autant, ce n’est pas le moment de baisser les bras. Plus que jamais, les actions favorisant la biodiversité restent d’actualité.

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On se souvient encore des pertes catastrophiques de l’an dernier subies par les apiculteurs. La moitié des cheptels du département n’avait pas réussi à passer l’hiver. Après les premières visites des ruches au début du printemps, le bilan de la période hivernale est moins alarmant. Dominique Roussel, président du Groupement de défense sanitaire des abeilles (GDSA) et vice-président d’Apivosges, parle de 20 à 25 % de pertes. Même son de cloche du côté de l’association Apilor. « Cette année, il n’y a que 20 % d’abeilles mortes ou improductives », explique son président, Pascal Rzadkiewa, apiculteur à Saint-Nabord. Des bonnes nouvelles qu’on doit au retour des saisons. « On retrouve un cycle normal. L’hiver a été plus long et rigoureux », explique Dominique Roussel, apiculteur biologique à Monthureux-sur-Saône. Des conditions idéales pour nos pollinisateurs moins affaiblis que les deux dernières années. « Les abeilles ont pu hiverner. En se dépensant moins, elles vivent plus longtemps », ajoute Pascal Rzadkiewa. Un hiver couplé à un début de printemps digne de ce nom (sec et beau), et ce sont tous les insectes pollinisateurs qui se réjouissent de trouver pollen et nectar notamment dans les saules marsault.

Favoriser la biodiversité

Si la saison apicole s’annonce plutôt bien, il faut garder en tête que les pollinisateurs restent menacés. Qu’on se le dise, on est bien loin des pertes hivernales normales qui se situent aux alentours de 10 %.

Depuis une dizaine d’années, maintenir un cheptel en bon état n’est pas une sinécure. « Les ressources alimentaires étant de moins en moins diversifiées, les abeilles connaissent des carences », note Pascal Rzadkiewa, qui les rendent bien moins productives. Parmi les multiples causes qui menacent les bourdons, papillons et autres butineurs, le manque de biodiversité est pointé du doigt. Pour Pascal Rzadkiewa, « il faut agir pour la biodiversité et mettre en pratique les mesures préconisées au sein du groupe de travail mené par Dominique Peduzzi », président de l’association des maires des Vosges.

Ce groupe de travail s’est appuyé sur un dossier technique élaboré par André Pouvreau, ancien chercheur à l’Inra, et Jacques Piquée, apiculteur. Des actions qu’on retrouve au sein du plan, intitulé « Biodiversité : abeilles et insectes pollinisateurs », porté par Vosges développement. Ce dispositif « abeilles » encourage les collectivités territoriales, les entreprises et les agriculteurs, à multiplier les prairies fleuries. Des jachères apicoles qui sont de véritables garde-manger pour tous nos pollinisateurs surtout à des périodes de carence comme le printemps et la fin de l’été.

Ces plantes pollinifères et nectarifères ont un objectif : permettre aux abeilles de bénéficier de« leur deux sources de vie que sont le pollen et le nectar », note Dominique Roussel. « Plusieurs communes se sont engagées à semer des plantes mellifères dès le mois de mai », explique Alain Roussel, vice-président du Conseil général des Vosges, qui rappelle que 11 000 personnes ont reçu des sachets de graines de 5 g. Une mesure symbolique ? Loin s’en faut. A raison de 3 m2 de semis par sachet, « on atteint quand même les 33 000 m2 de jachères fleuries ».

Pour sauver les abeilles, encore faut-il convaincre les Vosgiens d’agir. Le président d’Apilor n’hésite pas à leur lancer un appel. Car eux aussi, peuvent devenir acteurs. Comment ? En cultivant leur petit coin de biodiversité au fond du jardin ou en bordure de pelouse. Pour tous ceux qui n’ont pas la chance de disposer d’un peu de verdure, ils peuvent toujours remplacer leur géranium par d’autres plantes dont raffolent les abeilles. Cependant, les semis ne doivent pas se faire à la légère. Gare aux plantes à fleurs doubles qui sont, certes, très jolies mais inutiles aux abeilles. Pour encourager ces semis, un guide – qui recensera les plantes mellifères adaptées aux différents sols – devrait voir le jour à la Sainte-Catherine.

Ces jachères fleuries ne sont qu’une facette d’un plan plus global, comportant notamment la gestion différenciée des bords de route afin d’éviter le fauchage systématique, l’incitation au maintien des haies ou encore à la plantation d’arbres pollinifères. Bref, dans les années qui viennent, tout reste à faire, ou presque.

Marie BLUTTE

Article paru dans Vosges Matin le 12 avril 2009  http://www.vosgesmatin.fr/fr/index.html

 

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